L’ESSENTIEL : Selon la troisième enquête IA menée par BDM avec le cabinet SocIAty, publiée le 22 juin 2026, ChatGPT reste l’outil d’IA générative le plus utilisé par les professionnels du numérique, mais son avance se réduit nettement. Réalisée du 24 avril au 29 mai 2026 auprès de 807 professionnels du digital, l’étude montre une forte diversification des usages : 95,4% des répondants utilisent l’IA pour générer du texte, 70,4% pour créer des images, 44,7% pour générer du code et 24,2% pour produire de la vidéo.
Le marché n’est plus dominé par un seul acteur. OpenAI conserve une place centrale avec ChatGPT, mais Anthropic progresse fortement avec Claude, Google accélère avec Gemini, Nano Banana et Veo, tandis que les outils spécialisés gagnent du terrain dans le code, l’image et la vidéo. Cette enquête confirme une tendance claire : l’IA devient une stack d’outils, pas un logiciel unique.

Une enquête qui confirme la maturité des usages IA
L’étude BDM / SocIAty s’appuie sur un panel de 807 professionnels issus de la communication, du marketing, de l’enseignement, de la gestion de projet, du développement, du design, du social media, de la rédaction, du commerce et de l’acquisition SEO/SEA.
Cette méthodologie est importante, car elle ne mesure pas l’usage grand public de l’IA, mais les pratiques des professionnels du numérique. Autrement dit, elle donne une photographie utile des outils réellement intégrés dans les workflows de travail.
Le premier enseignement est massif : l’usage de l’IA générative est devenu quasi universel dans le texte. 95,4% des répondants utilisent un outil de génération textuelle. L’image suit avec 70,4%, puis le code avec 44,7%. La vidéo, elle, reste plus marginale, avec 24,2% d’utilisateurs.
Cette hiérarchie raconte la maturité du marché. Le texte est devenu un usage quotidien. L’image est désormais largement adoptée, mais dépend davantage des métiers. Le code progresse rapidement, y compris au-delà des développeurs. La vidéo reste encore plus coûteuse, plus technique et plus expérimentale.
Le texte reste dominé par ChatGPT, mais Claude et Gemini réduisent l’écart
Dans la génération de texte, ChatGPT conserve la première place avec 64,7% d’utilisateurs. Mais son avance s’érode. En 2025, l’outil d’OpenAI atteignait 82%. Il perd donc plus de 17 points en un an.
Le vrai mouvement vient de Claude. L’assistant d’Anthropic passe de 17% en 2025 à 48,8% en 2026, et s’installe à la deuxième place. Gemini suit une trajectoire proche, avec 43,1% d’utilisateurs, contre 26% l’année précédente.
Derrière ce trio, Microsoft Copilot atteint 20,8%, presque à égalité avec Perplexity à 20,2%. NotebookLM entre dans le classement avec 16,6%, devant Vibe, l’ex-Le Chat de Mistral, à 11,8%.
| Rang | Génération de texte | Part d’utilisateurs |
|---|---|---|
| 1 | ChatGPT | 64,7% |
| 2 | Claude | 48,8% |
| 3 | Gemini | 43,1% |
| 4 | Microsoft Copilot | 20,8% |
| 5 | Perplexity | 20,2% |
| 6 | NotebookLM | 16,6% |
| 7 | Vibe | 11,8% |
Le point clé n’est pas la baisse de ChatGPT en valeur absolue. L’étude ne dit pas que l’outil est moins utilisé au total. Elle montre surtout que les professionnels ajoutent d’autres assistants à leurs usages. Claude devient un réflexe pour le raisonnement, les documents longs et le code. Gemini progresse grâce à l’écosystème Google. Perplexity conserve un rôle spécifique sur la recherche sourcée.
L’image IA se diversifie avec l’arrivée de Nano Banana
Sur la génération d’images, ChatGPT reste premier avec 38,5% d’utilisateurs, mais recule fortement par rapport à 2025, où il atteignait 51%. La surprise vient de Nano Banana, le générateur d’images de Google intégré à Gemini, qui arrive directement à 30%.
Canva reste solide avec 25,4%, confirmant son rôle d’outil grand public professionnel pour les équipes marketing, social media et communication. Adobe Firefly tombe à 8,4%, devant Midjourney, Leonardo AI, Reve et Ideogram.
| Rang | Génération d’images | Part d’utilisateurs |
|---|---|---|
| 1 | ChatGPT | 38,5% |
| 2 | Nano Banana | 30% |
| 3 | Canva | 25,4% |
| 4 | Adobe Firefly | 8,4% |
La génération d’images reste toutefois moins universelle que le texte. Selon l’étude, 29,6% des répondants n’utilisent aucun outil de cette catégorie, un niveau presque stable par rapport à 2025. L’image dépend donc encore fortement du métier : designer, social media manager, marketeur ou créateur de contenu y trouveront un usage évident, là où d’autres profils l’utiliseront plus ponctuellement.
Le code devient un usage IA de masse
La génération de code est l’un des signaux les plus intéressants de l’étude. 44,7% des professionnels interrogés utilisent désormais au moins un outil IA pour générer du code. Ce chiffre montre que le code assisté par IA n’est plus réservé aux développeurs seniors ou aux équipes tech.
Claude Code prend la tête avec 29,6% d’utilisateurs, soit presque deux fois plus que ChatGPT Codex, à 15,2%. GitHub Copilot suit à 6,3%, devant Gemini Code Assist à 5,9%, Lovable à 5% et Cursor à 3,6%.
| Rang | Génération de code | Part d’utilisateurs |
|---|---|---|
| 1 | Claude Code | 29,6% |
| 2 | ChatGPT Codex | 15,2% |
| 3 | GitHub Copilot | 6,3% |
| 4 | Gemini Code Assist | 5,9% |
| 5 | Lovable | 5% |
| 6 | Cursor | 3,6% |
Cette domination de Claude Code est révélatrice. Anthropic ne progresse pas seulement dans le texte généraliste. Il s’installe aussi dans les usages techniques, où la qualité du raisonnement, la compréhension de grands contextes et la capacité à accompagner des tâches complexes deviennent déterminantes.
Pour les PME, cela pose une question opérationnelle : faut-il réserver ces outils aux développeurs, ou les ouvrir aussi aux profils produit, marketing ops, data, automatisation ou no-code ? La réponse dépend du cadre. Le code généré doit rester relu, testé et sécurisé. Mais l’usage peut accélérer la création de scripts, d’automatisations et de prototypes internes.
La vidéo IA reste minoritaire, mais Google prend l’avantage
La vidéo est encore l’usage le moins répandu de l’IA générative. 75,8% des professionnels interrogés n’utilisent aucun outil de génération vidéo. L’adoption progresse néanmoins par rapport à 2025, où la part de non-utilisateurs atteignait 80%.
Dans le classement, Veo de Google prend la première place avec 10,5% d’utilisateurs. Sora, qui dominait l’an dernier, tombe à 5,8%, notamment après l’annonce de son arrêt au printemps 2026. Adobe Firefly suit à 5,3%, devant Kling AI à 4,8% et Runway à 4,7%.
| Rang | Génération vidéo | Part d’utilisateurs |
|---|---|---|
| 1 | Veo | 10,5% |
| 2 | Sora | 5,8% |
| 3 | Adobe Firefly | 5,3% |
| 4 | Kling AI | 4,8% |
| 5 | Runway | 4,7% |
La vidéo IA reste donc une promesse plus qu’un usage courant. Les freins sont connus : coût, qualité variable, temps de génération, maîtrise créative, droits, intégration dans les workflows et difficulté à produire un rendu vraiment exploitable en entreprise.
Mais le signal est là. Les outils vidéo progressent, et Google prend une position forte avec Veo. Pour les équipes marketing, communication ou e-commerce, la question n’est plus de savoir si la vidéo IA arrivera dans les workflows, mais à quel rythme et pour quels cas d’usage : teaser, storyboard, publicité, social media, formation ou prototypage créatif.
Les agents IA entrent dans les usages professionnels
Au-delà des grandes familles, l’étude BDM / SocIAty mesure aussi des usages émergents. Le design et le prototypage d’interfaces arrivent à 19,6%, devant la génération de présentations à 15,6%.
La nouveauté la plus notable concerne les agents IA autonomes. Absents des précédentes éditions, ils sont déjà cités par 15,2% des répondants, soit près d’un professionnel sur six. C’est encore minoritaire, mais significatif.
Les agents IA marquent une évolution importante. Ils ne se contentent pas de produire une réponse ou un contenu. Ils peuvent enchaîner plusieurs actions, utiliser des outils, exécuter des tâches, interroger des documents, lancer des workflows ou produire un livrable complet.
Pour les entreprises, cela annonce une nouvelle étape : passer de l’assistant IA au collaborateur logiciel. Mais cela impose aussi plus de gouvernance : accès aux données, sécurité, coût, validation humaine, traçabilité et mesure du ROI.
L’analyse Exponentiel : l’ère du “tout ChatGPT” se termine
Cette enquête ne signe pas la fin de ChatGPT. Avec 64,7% d’utilisateurs sur le texte, l’outil reste la référence. Mais elle confirme la fin d’un quasi-monopole d’usage.
Le marché entre dans une phase plus mature. Les professionnels ne cherchent plus seulement “une IA”. Ils cherchent le bon outil pour le bon usage. Claude pour analyser et coder. Gemini pour travailler dans l’écosystème Google. Copilot pour Microsoft 365. Canva ou Nano Banana pour créer des images. Veo pour tester la vidéo. Perplexity pour documenter une recherche.
Pour les PME, c’est une opportunité. Elles peuvent construire une stack IA adaptée à leurs métiers, sans attendre une solution unique parfaite. Mais c’est aussi une responsabilité : définir les outils autorisés, cadrer les données, former les équipes, éviter les doublons et mesurer les gains réels.
En 2026, la maturité IA ne se mesure plus au fait d’avoir ouvert un compte ChatGPT. Elle se mesure à la capacité d’une entreprise à organiser ses usages : texte, image, code, vidéo, agents, recherche et automatisation. Le classement BDM / SocIAty montre que cette bascule est déjà en cours chez les professionnels du numérique.



