ChatGPT perd du terrain, Gemini accélère : le trafic des IA génératives se fragmente en 2026

ChatGPT perd du terrain, Gemini accélère : le trafic des IA génératives se fragmente en 2026

L’ESSENTIEL : En juin 2026, Similarweb a publié son dernier rapport mondial sur les parts de trafic web des IA génératives, révélant une fragmentation historique du marché sur les 12 derniers mois. Si ChatGPT, développé par OpenAI, conserve sa première place avec 52,7% du trafic mondial en mai 2026, il enregistre un recul massif de 23,7 points en un an. Cette baisse profite directement à Gemini, de Google, qui bondit à 27,3%, et à Claude, d’Anthropic, qui s’installe en troisième position à 8,9%.

Ce mouvement ne signifie pas que ChatGPT s’effondre. Il indique plutôt que le marché quitte sa phase de réflexe unique pour entrer dans une phase de spécialisation. Les utilisateurs testent davantage d’outils, les entreprises arbitrent selon les cas d’usage, et les assistants IA deviennent progressivement un portefeuille de solutions plutôt qu’un seul abonnement.

ChatGPT reste numéro un, mais le marché n’est plus le même

Le chiffre le plus visible de l’étude Similarweb concerne ChatGPT. Il y a 12 mois, l’assistant d’OpenAI représentait 76,4% du trafic web mondial observé sur les principaux outils d’IA générative. En mai 2026, cette part tombe à 52,7%.

nfographie : Évolution des parts de trafic web mondial de l'IA générative sur les 12 derniers mois (Source : Similarweb, Juin 2026).

La baisse est nette : ChatGPT perd 23,7 points de part de trafic en un an. Mais il faut l’interpréter avec prudence. Une baisse de part de marché ne signifie pas nécessairement une baisse d’usage absolu. Si le marché global de l’IA générative continue de croître, ChatGPT peut continuer à gagner des utilisateurs tout en perdant en poids relatif.

Le point important est ailleurs : ChatGPT n’est plus seul à capter l’attention. En 2023 et 2024, il était souvent le réflexe par défaut. En 2026, il reste l’outil de référence, mais il doit composer avec des concurrents mieux intégrés, plus spécialisés ou plus visibles dans certains environnements.

Pour approfondir son positionnement en entreprise, consultez notre guide complet ChatGPT 2026.

Le tableau des parts de trafic IA générative en 2026

Les données publiées par Similarweb montrent une recomposition rapide du marché sur les 12 derniers mois. ChatGPT conserve une avance importante, mais Gemini et Claude progressent fortement.

Outil IAPart de trafic Mai 2025Part de trafic Novembre 2025Part de trafic Février 2026Part de trafic Mai 2026Dynamique sur 12 mois
ChatGPT76,4 %65,2 %56,7 %52,7 %Recul majeur : -23,7 points
Gemini8,9 %20,3 %25,5 %27,3 %Forte croissance : +18,4 points
Claude1,6 %2,0 %6,0 %8,9 %Installation solide : part multipliée par 5,5
DeepSeek5,3 %3,8 %3,4 %4,0 %Stabilisation technique
Grok2,8 %3,8 %3,7 %2,8 %Socle stable, porté par l’écosystème X
Copilot1,9 %1,8 %2,0 %2,0 %Usage probablement sous-mesuré par le trafic web
Perplexity1,8 %2,1 %1,6 %1,3 %Marché de niche autour de la recherche sourcée

Ce tableau illustre une tendance simple : la domination de ChatGPT reste forte, mais elle devient moins écrasante. Le marché ne se déplace pas vers un seul nouveau gagnant. Il se répartit entre plusieurs catégories d’usage.

Gemini devient le grand bénéficiaire de la fragmentation

La progression la plus forte concerne Gemini. Selon Similarweb, l’outil de Google représentait 8,9% du trafic il y a un an. Il atteint désormais 27,3%. En un an, Gemini gagne donc 18,4 points.

Cette dynamique s’explique probablement par la puissance de distribution de Google. Gemini n’est plus seulement un chatbot autonome. Il s’intègre progressivement dans Search, Android, Workspace, YouTube, Chrome et Google Cloud. L’utilisateur n’a pas toujours besoin d’aller chercher un nouvel outil : Gemini apparaît dans les produits qu’il utilise déjà.

C’est une différence majeure avec OpenAI. ChatGPT a construit une marque d’usage très forte. Google dispose d’un réseau de distribution massif. Dès que Gemini devient plus visible dans Gmail, Docs, Search ou Android, il peut capter des usages quotidiens sans demander un changement d’habitude brutal.

Pour les entreprises déjà équipées de Google Workspace, cette montée en puissance change l’équation. Gemini devient une couche IA native dans l’environnement de travail. Pour mieux comprendre ses usages professionnels, consultez notre guide Gemini 2026.

Claude s’installe sur les usages experts

Claude est l’autre progression importante de l’étude. Il passe de 1,6% à 8,9% en un an. Sa part de trafic est donc multipliée par 5,5.

Cette croissance est moins massive que celle de Gemini, mais elle est significative. Claude ne semble pas seulement profiter d’un effet de curiosité. Son positionnement est plus clair : documents longs, raisonnement, code, analyse, usages juridiques, RH, financiers ou stratégiques.

Anthropic a renforcé cette image avec des modèles capables de gérer de grands contextes et des workflows plus complexes. Claude s’adresse souvent à des utilisateurs qui cherchent une IA plus prudente, plus analytique ou plus adaptée aux dossiers longs.

Pour les PME, Claude devient donc un outil à considérer dans les workflows où la qualité de lecture, la synthèse et la fiabilité perçue comptent davantage que la simple rapidité. Pour aller plus loin, vous pouvez lire notre guide Claude 2026.

DeepSeek, Grok, Copilot et Perplexity occupent des positions plus spécialisées

Derrière le trio ChatGPT-Gemini-Claude, les autres outils restent plus modestes, mais ils ne jouent pas tous le même rôle.

DeepSeek atteint 4% en mai 2026, contre 5,3% un an plus tôt. Son usage semble s’être stabilisé après une forte phase d’attention autour du coût, du code et des modèles de raisonnement. Pour les entreprises qui veulent explorer des alternatives économiques, nous avons publié un guide DeepSeek 2026.

Grok reste à 2,8%, un niveau identique à celui observé il y a un an. Son usage paraît lié à son intégration dans l’écosystème X et à son positionnement sur l’actualité, les signaux sociaux et le temps réel. Découvrez notre guide complet Grok 2026.

Copilot reste autour de 2,0 %. Ce chiffre doit être interprété avec prudence, car une partie de l’usage de Copilot se déroule dans Microsoft 365, Teams, Outlook, Word ou Excel, et ne se reflète pas nécessairement dans le trafic web public. Pour les PME équipées de Microsoft, notre guide Microsoft Copilot 2026 détaille les cas d’usage les plus pertinents.

Perplexity, enfin, recule à 1,3%. Sa place reste plus ciblée : recherche sourcée, veille, benchmark, compréhension rapide d’un marché. Ce n’est pas encore un assistant généraliste de masse, mais un outil utile pour des usages informationnels précis. Pour en savoir plus, consultez notre guide Perplexity 2026.

Ce que ces chiffres disent vraiment du marché IA

L’étude Similarweb montre surtout une chose : le marché de l’IA générative se segmente.

ChatGPT reste le réflexe dominant. Gemini gagne grâce à la distribution Google. Claude s’installe sur les usages experts. DeepSeek conserve un rôle dans les discussions autour du coût et des modèles alternatifs. Grok reste lié au temps réel et à X. Copilot vit surtout dans l’environnement Microsoft. Perplexity garde une place spécifique sur la recherche sourcée.

Pour les dirigeants, cette fragmentation est à la fois une opportunité et une complication.

C’est une opportunité, car il existe désormais des outils mieux adaptés à chaque besoin. Une PME peut utiliser ChatGPT pour la polyvalence, Gemini si elle travaille dans Google Workspace, Claude pour les documents longs, Copilot pour Microsoft 365, Perplexity pour la veille, DeepSeek pour tester des modèles économiques et Grok pour les signaux sociaux.

C’est aussi une complication, car l’empilement des outils peut devenir coûteux, redondant et difficile à gouverner. Chaque outil implique des règles d’usage, des droits d’accès, une politique de données, un budget et une formation minimale.

L’analyse Exponentiel : l’ère du “tout ChatGPT” se termine, mais pas celle de ChatGPT

La principale erreur serait de lire ces chiffres comme une défaite de ChatGPT. Ce n’est pas ce que montre l’étude. Avec 52,7% de part de trafic, ChatGPT reste largement devant. Mais l’écart se réduit, et surtout, les usages s’organisent autour de plusieurs plateformes.

La dynamique ressemble à celle des suites logicielles. Au départ, un outil concentre l’attention. Puis le marché se professionnalise. Les utilisateurs comparent, les entreprises testent, les intégrations comptent davantage, les cas d’usage deviennent plus précis.

C’est exactement ce qui se passe avec l’IA générative. En 2026, une entreprise mature ne choisira pas forcément un seul assistant. Elle choisira une stack IA : un assistant généraliste, un outil intégré à la bureautique, un moteur de recherche IA, un modèle pour les documents longs, un outil pour le code, un outil pour la veille.

La progression de Gemini indique que la distribution devient aussi importante que la qualité du modèle. La montée de Claude montre que les usages experts pèsent de plus en plus. La stabilité de Copilot rappelle que certains usages se mesurent mal par le trafic web seul. Le recul relatif de Perplexity montre que la recherche IA reste encore un marché plus étroit que l’assistant généraliste.

Le classement Similarweb confirme une tendance de fond : l’IA générative n’est plus un marché d’expérimentation isolée. C’est un marché d’arbitrage. Les gagnants ne seront pas seulement les outils les plus connus, mais ceux qui trouveront leur place dans les usages quotidiens, les environnements de travail et les contraintes réelles des entreprises.

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